Mis à jour le 13 septembre 2026 — L’IPv6 vient de basculer dans la majorité du trafic mondial, un cap symbolique atteint le 28 mars 2026 selon les statistiques de Google reprises par l’APNIC et l’Internet Society. De quoi se demander si l’IP dédiée IPv4, brique historique de l’hébergement, du VPN et de l’emailing professionnel, a encore un avenir. Les chiffres du marché et les usages concrets répondent clairement : oui, et pour plusieurs années encore.
IPv6 atteint la majorité mondiale : ce que disent les chiffres
Le 28 mars 2026, la part de trafic IPv6 mesurée par Google a franchi pour la première fois la barre des 50 %, à 50,10 % au niveau mondial, dix-huit ans après le lancement de cette mesure. Aux États-Unis, la bascule est encore plus nette, avec un trafic Google déjà majoritairement acheminé en IPv6. Cette progression traduit l’épuisement structurel de l’IPv4 : le RIPE NCC, le registre qui attribue les adresses en Europe, a annoncé l’épuisement de son stock libre dès 2019.
- 50,10 % de trafic IPv6 mondial mesuré par Google (28 mars 2026)
- Plus de la moitié du trafic américain déjà en IPv6
- Stock IPv4 libre du RIPE NCC épuisé depuis 2019
Pourquoi le marché de l’IPv4 reste sous tension
Paradoxalement, cette montée en puissance de l’IPv6 ne fait pas baisser la pression sur l’IPv4. Le marché secondaire des adresses reste actif : environ 24 millions d’adresses IPv4 ont changé de mains sur les cinq premiers mois de 2026 selon le courtier Brander Group, un rythme supérieur de 28 % à celui de 2025. Le prix de gros oscille entre 11 et 32 dollars l’adresse selon la taille du bloc, avec une fourchette plus haute (38 à 54 dollars) dans la zone RIPE NCC ; la location, elle, tourne autour de 0,38 à 0,45 dollar par IP et par mois. Les grands clouds ont acté cette rareté : AWS facture depuis février 2024 chaque adresse IPv4 publique 0,005 dollar de l’heure, soit environ 3,65 dollars par mois, qu’elle soit utilisée ou non. Notre analyse détaillée des prix de l’IPv4 en 2026 détaille ces variations par type d’usage.
VPN, emailing, VPS : les usages qui imposent encore une IPv4 dédiée
Le passage à l’IPv6 est loin d’être uniforme selon les services, ce qui explique pourquoi l’IP dédiée IPv4 reste incontournable sur plusieurs segments.
- VPN : deux des fournisseurs grand public les plus utilisés, NordVPN et ExpressVPN, bloquent purement et simplement le trafic IPv6 sur leurs applications pour éviter les fuites, et continuent de reposer sur des IP dédiées IPv4 pour le whitelisting bancaire ou professionnel — notre comparatif des VPN les mieux protégés contre les fuites détaille lesquels gèrent réellement l’IPv6.
- Emailing : la réputation d’expédition (SPF, DKIM, DMARC) reste construite autour d’une IPv4 dédiée chez la quasi-totalité des routeurs SMTP et des filtres antispam de Google et Yahoo, qui n’ont pas généralisé l’évaluation de réputation en IPv6 — voir notre article sur le volume à partir duquel adopter une IP dédiée.
- VPS et hébergement : le whitelisting SSH/RDP, les règles de pare-feu d’entreprise et une bonne partie des panels d’hébergement restent pensés pour une IPv4 fixe ; notre comparatif des VPS livrés avec IP dédiée montre que l’IPv4 reste incluse par défaut chez OVHcloud, Hetzner et Contabo.
Pour resituer ces choix, notre page Comprendre l’IP dédiée détaille les fondamentaux, tandis que notre rubrique Comparatifs et avis centralise les tests par usage.
Tableau comparatif : l’IPv6 suffit-elle selon l’usage ?
| Usage | Support IPv6 courant | IPv4 dédiée encore nécessaire |
|---|---|---|
| VPN grand public (NordVPN, ExpressVPN) | Bloqué côté client | Oui, pour whitelisting et cohérence géo |
| VPN orienté confidentialité (hide.me, AirVPN) | Natif | Optionnelle |
| Emailing professionnel (SPF/DKIM/DMARC) | Partiel côté filtres | Oui, réputation construite en IPv4 |
| VPS / hébergement (SSH, RDP, panel) | Variable selon l’hébergeur | Oui, en général incluse par défaut |
| Navigation web grand public | Oui, majoritaire depuis mars 2026 | Non |
Questions fréquentes
L’IPv4 va-t-elle disparaître maintenant qu’IPv6 est majoritaire ?
Non, à court et moyen terme. La bascule mesurée par Google porte sur le trafic web grand public ; les usages professionnels (emailing, VPN, whitelisting VPS) reposent encore massivement sur des infrastructures IPv4, et la double pile IPv4/IPv6 restera la norme pendant plusieurs années.
Une IP dédiée IPv4 va-t-elle coûter plus cher à cause de la pénurie ?
La tendance va dans ce sens : la facturation systématique des IPv4 publiques par les grands clouds depuis 2024 et la hausse du volume échangé sur le marché secondaire en 2026 exercent une pression à la hausse sur les tarifs, même si l’écart reste modéré pour un usage individuel.
Faut-il choisir un VPN ou un hébergeur qui gère l’IPv6 ?
Cela dépend de l’usage : pour du streaming ou de la navigation générale, un support IPv6 natif peut améliorer la latence. Pour du whitelisting bancaire, du SSH ou de l’emailing pro, une IP dédiée IPv4 reste le choix le plus fiable en 2026.
Sources
APNIC Blog — Google hits 50% IPv6
AWS News Blog — New AWS Public IPv4 Address Charge
DoiT — AWS Public IPv4 price increase, the complete guide
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
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